VDI : 1.6 Mise en pratique

1.6 Mise en pratique

Le but de cet article est de couvrir l’implémentation d’une telle infrastructure sans prendre en considération les notions de haute disponibilité qui pourrait découler d’un tel projet. Nous n’aborderons pas non plus les notions de dimensionnement matériel et de choix technologique lié à la mise en place d’une infrastructure Hyper-V. Ce sont néanmoins des paramètres à prendre en considération. Nous vous renvoyons pour cela vers les recommandations officielles émises par Microsoft et vers les différents articles techniques que vous pourrez trouver sur Internet.

Pour mettre en œuvre une telle architecture, nous allons prendre en compte des cas concrets d’utilisation de la technologie VDI. VDI est souvent mise en avant comme une technologie de demain qui amènera les entreprises à centraliser la gestion des postes de travail en les virtualisant dans des datacenters. Idéalement cette approche prend tout son sens si on utilise les nouveautés émanant des technologies de Cloud Computing.La mise en œuvre d’un changement aussi radical dans la gestion du parc informatique de l’entreprise est un projet sur plusieurs années et peu d’entreprises ont passé ce cap. C’est cependant la vocation première de la technologie.

VDI est souvent portée comme une solution technique liée aux difficultés rencontrées lors de déploiement et migration de systèmes d’exploitation. Prenez le scenario suivant, une entreprise souhaite migrer son parc Windows XP vers Windows 7. Lors de la phase d’étude, il ressort qu’un certain nombre d’applications métier ne peuvent être portées sur Windows 7. Il n’existe pas de mise à jour et l’éditeur n’a pas non plus sort de nouvelle version.

Les diverses tentatives de réparer l’application en utilisant les Shims de Application Compatibility Toolkit ne permettent pas de faire fonctionner pleinement l’application. L’utilisation de la technologie de virtualisation de postes de travail Microsoft Enterprise Desktop Virtualization est envisageable mais le nombre restreint d’utilisateurs (moins de 20% de l’effectif) utilisant l’application ne permet pas un retour sur investissement de la technologie suffisant. L’entreprise est donc condamnée à investir dans MED-V ou à ne pas migrer vers le nouveau système d’exploitation. Néanmoins, VDI peut répondre simplement aux problématiques de migration. En effet, sa souplesse liée au provisionnement de machine virtuelle peut facilement adapter les besoins de l’entreprise. Elle peut donc utiliser la puissance d’Hyper-V pour mettre à disposition un pool de machines virtuelles sous Windows XP afin de rendre disponible l’application aux quelques utilisateurs tout en rendant possible la migration du parc informatique vers Windows 7.

Dans mon cas pratique, le but est de permettre la migration du parc vers Windows 7 tout en mettant à disposition Excel 95 au travers de la suite Office 95 pour les utilisateurs disposant de macro développé pour ce dernier. Nous verrons donc comment mettre à disposition ce pool de machines auprès des utilisateurs.

Le second cas pratique répondra aux attentes de certaines entreprises. Imaginez les scenarios suivants :

  • Une entreprise rachète ou fusionne avec une autre entreprise. Les opérations de rachat sont souvent des opérations longues. Elles nécessitent du temps pour répercuter les changements et que l’aspiration ou la fusion soit totalement effective. Ceci affecte aussi le service informatique et son parc puisque la mutualisation des ressources nécessite des efforts considérables.
  • Une entreprise signe des partenariats avec des prestataires externes. Cette entreprise a donc besoin de mettre à disposition certaines applications et ressources aux partenaires. Il est souvent très compliqué de mettre à disposition les applications à une entreprise externe. Il faut pour cela créer un pont entre les deux organisations (Active Directory Federations Services) et donner les autorisations nécessaires d’accès.

Dans ces deux scénarios la solution la plus simple peut être la mise en œuvre d’une infrastructure VDI donnant l’accès à l’entreprise/prestataire externe à des bureaux virtuels. Ces bureaux virtuels disposent de toutes les ressources et applications nécessaires au partenariat mise en œuvre. Dans mon cas pratique, nous mettrons à disposition à une entreprise externe et ses utilisateurs, une série de postes de travail virtualités sous Windows 7 afin qu’ils puissent opérer les tâches nécessaires qui découlent de notre partenariat.

La mise en place de ces deux cas pratiques se fera conjointement sur la même infrastructure et répondra ainsi aux deux scénarios de pool de machines virtuelles et de bureaux virtuels personnels.

 

: Installation de l’infrastructure

Dans mon cas l’implémentation de l’infrastructure n’a pas été chose facile. Les différents besoins nécessaires à son installation m’ont demandé de jongler avec la seule et unique machine que j’avais à ma disposition. J’ai donc réussi à faire fonctionner tous les rôles sur une même machine. Celle-ci était équipée de Windows Server 2008 R2 avec le rôle Hyper-V. Le but était ensuite de créer 7 machines virtuelles. Quatre m’ont servi à héberger les rôles nécessaires à l’infrastructure :

  • WT-ADDHCP : héberge l’annuaire Active Directory, l’infrastructure DNS et DHCP.
  • WT-RDSSH héberge le rôle Remote Desktop Services Session Host
  • WT-RDSCB héberge le rôle Remote Desktop Services Connexion Broker
  • WT-RDSWA accueille le rôle Remote Desktop Services WebAccess

Quatre autres machines virtuelles sont créées pour accueillir les bureaux virtuels :

  • Deux machines virtuelles servant pour le pôle de machines Windows XP
  • Deux machines virtuelles sous Windows 7 sont attribuées à des utilisateurs externes.

Enfin le dernier rôle Remote Desktop Services Virtualization Host est hébergé sur ma machine physique hébergeant aussi le rôle Hyper-V. Cette machine est reliée par une interface Loopback au reste de mon infrastructure sous environnement virtuel.

Note : Nous ne détaillerons pas l’installation de l’infrastructure Active Directory, DNS et DHCP.